Future Festivals Field Guide FR: FEMINAE NOX redistribue le pouvoir culturel dans l’industrie musicaleRetry
Le Son Futur de l’Équité

FEMINAE NOX forme la prochaine génération de leaders de l’industrie musicale, en redistribuant le pouvoir culturel aux femmes racisées et aux personnes de genres divers.

Depuis 2023, FEMINAE NOX est une entreprise sociale et une plateforme mondiale qui priorise l’équité pour les femmes Noires, Brunes, Autochtones et autres femmes racisées, ainsi que les personnes de genres divers au sein des scènes de musique live, de la vie nocturne et de la culture. Co-fondée par Mira Silvers et Seny Kassaye de FORT Agency, l’organisation répond au manque flagrant de représentativité des femmes racisées dans l’industrie, en particulier dans la musique live. FEMINAE NOX fonctionne à la fois comme plateforme et collectif de programmation : elle organise des événements, des ateliers éducatifs, des programmes de mentorat et collabore avec de grands festivals pour multiplier les opportunités et favoriser la création d’espaces équitables, sur scène comme en coulisses.

FEMINAE NOX Nocturne à Francesco’s Discoteca, avec le voyage sonore de G L O W Z I (Montréal, Septembre 2023)
Problème → Il existe un décalage profond entre les profits qu’engendrent la musique live et celles et ceux qui contrôlent réellement la création de richesse dans l’industrie.

En 2025, Goldman Sachs prévoit que les revenus mondiaux de la musique live passeront de 34,6 milliards de dollars américains en 2024 à 38,2 milliards de dollars américains, avec une croissance annuelle de 10 %, et une hausse soutenue de 7,2 % par an jusqu’en 2030, atteignant environ 79,7 milliards de dollars américains. Alors que le public recherche la connexion à tout prix et que la part du budget consacrée aux expériences live ne cessent de croître, l’économie des festivals et des tournées se trouve à un moment charnière. Cette explosion repose sur une demande insatiable des consommateur·rice·s (en particulier chez les milléniaux et les Gen Z) qui privilégient l’expérience live au streaming.

La musique live est un écosystème aux multiples facettes. Au-delà des artistes sur scène, son ossature repose sur les agent·e·s, promoteur·rice·s, directeur·rice·s de tournée, ingénieur·e·s du son, technicien·ne·s lumière, directeur·rices artistiques, stylistes, chorégraphes, responsables des relations avec les artistes, expert·e·s technologiques, chef·fe·s de sécurité, stratèges de marque, équipes de marketing, commandites, services juridiques et bien d’autres encore. Ces métiers sont les véritables moteurs des concerts à guichets fermés, des tournées internationales et des festivals. Pourtant, la majorité de celles et ceux qui occupent ces postes, et bénéficient de cette machine lucrative, est blanche et principalement formée d’hommes.

Les données de l’USC Annenberg mettent en lumière un écart frappant : les femmes noires n’occupent que 1,7 % des postes de direction dans la musique live. Sur scène, la diversité semble un peu plus présente : 21 % des artistes signé·e·s sur des grands labels et moins de 10 % des têtes d’affiche de festivals sont des femmes.

Malgré le pouvoir culturel exercé par les femmes Noires, Brunes, Autochtones et autres femmes racisées, ainsi que par les personnes de genres divers dans la création musicale à l’échelle mondiale, les inégalités structurelles au sein de l’industrie de la musique live sont profondément ancrées pour maintenir les barrières systémiques. Selon l’USC Annenberg, les femmes noires ne représentent que 1,7 % des postes de direction dans la musique live, un chiffre qui révèle crûment qui détient les profits et le véritable pouvoir décisionnel dans les coulisses.

La représentation sur scène est un peu mieux, mais reste inéquitable : Moins de 10 % des têtes d’affiche de festivals proviennent de milieux marginalisés ou diversifiés. Pour ce qui est des artistes autochtones, iels représentent moins de 1 % de la musique diffusée dans le grand public. Même lorsqu’elles sont présentes, les femmes artistes subissent des disparités économiques systématiques, gagnant environ 30 % de moins que les hommes sur les plateformes de streaming.

Ces écarts ne sont pas anecdotiques, 70 % des professionnel·le·s de l’industrie musicale reconnaissent l’urgence de mettre en place des pratiques d’embauche plus inclusives, et 85 % des cadres supérieurs estiment que la diversité améliore directement la qualité de l’industrie musicale. Le public partage cette vision : près de 60 % des consommateur·rice·s de musique soutiennent activement une représentation plus diversifiée des artistes et du contenu qu’ils suivent.

Oui, des progrès ont été réalisés, mais c’est très lent. Et pour ce qui est de la parité et de l’équité, ça reste des objectifs encore plus lointains. Sans changements structurels délibérés, en particulier pour les femmes Noires, Brunes, Autochtones et autres femmes racisées ainsi que pour les personnes de genres divers, l’industrie risque de confondre représentation symbolique et véritable équité. Ces chiffres révèlent une exclusion structurelle, et non un manque d’intérêt. Les femmes racisées et les personnes de genres divers sont souvent cantonné·e·s à des postes d’entrée ou à des rôles symboliques, rarement présent·e·s dans les régies, les équipes techniques ou les bureaux de direction. C’est ce qu’on appelle un problème systémique : il ne s’agit pas d’un manque de talent mais d’un manque d’accès structurel.

Masterclass de FEMINAE NOX à MUTEK Montréal, 2024: Fabienne Leys, directrice générale d’ATC Management et manager de la musicienne américaine Kelela, aide les artistes à développer leur image.
Vision → Une infrastructure de carrière transformatrice qui repense le milieu de la musique live de façon radicale en permettant aux communautés marginalisées de transcender le rôle de créateurs et créatrices pour devenir propriétaires de l’industrie.

« On ne peut pas embaucher ce qu’on n’a pas construit. » Ça illustre assez bien le cycle d’exclusion bien établi dans l’industrie de la musique live. Sans investissement actif, les parcours restent bloqués. FEMINAE NOX s’attaque de front à ce problème en proposant un véritable pipeline alliant audace, stratégie et couverture sur plusieurs niveaux couvrant l’ensemble du secteur: éducation et formation, mentorat, expérience en temps réel, laboratoires vivants, placement professionnel, leadership et plus encore, transformant ainsi l’industrie musicale en un écosystème innovant et équitable.

Ce n’est pas de la charité. C’est un plan de transformation de carrière, d’autonomisation financière et d’auto-détermination économique, visant l’équité sur le long terme, un projet qui repose sur le pouvoir culturel des femmes Noires, Brunes, Autochtones et des autres femmes racisées ainsi que des personnes de genres divers. L’objectif est de complètement transformer le milieu de la musique live. Plus qu’un showcase, notre festival sera un prototype vivant de changement structurel, avec notamment :

Conception basée sur l’économie circulaire : scènes alimentées à l’énergie solaire, points de restauration zéro déchet, approvisionnement auprès de fournisseurs locaux pour minimiser le gaspillage et maximiser l’investissement dans la communauté.

Accessibilité radicale : infrastructures de mobilité, zones adaptées aux besoins sensoriels, services de garde et soutien multilingue intégrés dès la conception, jamais ajoutés a posteriori.

Modèles de revenus partagés : l’ensemble de l’équipe de production, des mentors et des boursiers et boursières reçoit des honoraires et des opportunités de partage des revenus.

Gouvernance décentralisée : les décisions sont prises par des Conseils de Production incluant diplômé·e·s du pipeline, producteur·rice·s de festivals et leaders de la communauté. Le pouvoir se distribue, il n’est pas accordé.

Le Festival FEMINAE NOX sera conçu et exécuté entièrement par des professionnel·le·s Noires, Brunes, Autochtones et autres femmes racisées ainsi que des personnes de genres divers, pour démontrer que l’équité peut être rentable, inclusive et innovante lorsqu’elle est pensée de manière intentionnelle.

Table ronde « Electronic Music is Black Music » organisée par FEMINAE NOX à MUTEK Montréal 2024 : Fabienne Leys, Gloria-Sherryl François alias G L O W Z I, Miquelle Skeete et Melissa Vincent ont exploré l’histoire, le présent et l’avenir de la musique électronique.
Implémentation → Un pipeline en quatre piliers qui reconstruit l’infrastructure de l’industrie à travers l’éducation, le mentorat, l’expérience sur le terrain et le développement systémique des carrières et de l’entrepreneuriat.

Le pipeline FEMINAE NOX propulse les participant·e·s de l’apprentissage au leadership. Les stagiaires reçoivent une formation complète dans leur domaine choisi, iels sont jumelé·e·s avec des mentors expérimenté·e·s, acquièrent une expérience pratique par le biais de stages lors du Festival FEMINAE NOX, et bénéficient d’un accompagnement continu pour le placement professionnel et le développement entrepreneurial.

1. Éducation et formation : À travers des ateliers, des cours et des programmes pratiques, les femmes Noires, Brunes, Autochtones et autres femmes racisées ainsi que les personnes de genres divers sont formé·e·s dans le domaine de leur choix du secteur de la musique live. Le cursus hybride couvre de la gestion d’artiste aux agences de booking / représentant·e de talent, de la promotion à la production, des métiers techniques de la scène à la gestion de tournée, en passant par la logistique, l’exploitation de lieux, le stylisme, la coiffure et le maquillage, la chorégraphie, la sécurité, la comptabilité de tournée, la formation, et plus encore. Le programme soutient les participant·e·s débutant·e·s, les professionnel·le·s en milieu de carrière, et les artistes établi·e·s souhaitant entrer, progresser ou pivoter dans leur carrière.

2. Mentorat : Les mentoré·e·s sont jumelé·e·s avec des professionnel·le·s de l’industrie qui ont de l’expérience dans le domaine de la musique live. Les mentors les guident en leur offrant retours critiques et conseils stratégiques pour accélérer leur développement, tout en les aidant à naviguer cette industrie souvent difficile d’accès.

3. Apprentissage pratique : Le Festival FEMINAE NOX constitue l’espace où la théorie se transforme en pratique. Les étudiant·e·s et mentoré·e·s y acquièrent une formation pratique dans un environnement réel, avec une mobilité ascendante claire. Ce dont on parle, concrètement, c’est d’appliquer sur le terrain les connaissances préalablement acquises, d’apprendre en travaillant avec mentorat, on parle de pratiques d’embauche équitables, d’une rémunération transparente et équitable pour les artistes, d’un environnement sécuritaire pour apprendre et expérimenter, ainsi que d’une visibilité non seulement pour les artistes sur scène, mais aussi pour les technicien·ne·s, les équipes, les producteur·rice·s et autres acteurs et actrices indispensables en coulisses. Le public fait également partie intégrante de l’expérience. Un festival sans public, sans fans, ce n’est pas un festival. Le Festival FEMINAE NOX offre au public, en particulier les communautés BIPOC et marginalisées, une expérience équitable avec une billetterie accessible, un marketing inclusif, des expériences centrées sur la communauté, des espaces sécurisés, des initiatives écoresponsables, et plus encore.

4. Placement professionnel et entrepreneuriat : À l’issue de leur apprentissage, les mentoré·e·s de FEMINAE NOX bénéficient d’un accompagnement pour accéder à des postes permanents dans leur domaine, avec placement dans des rôles rémunérés au sein de festivals, agences et autres entreprises musicales. L’organisation soutient les participant·e·s tout au long des processus de recrutement, d’entretien, d’intégration et de période probatoire. En tant que communauté, FEMINAE NOX s’investit dans la réussite professionnelle de ses mentoré·e·s au-delà du simple placement ou de cocher des cases : elle offre une communauté de soutien tout au long de leur évolution professionnelle, alors qu’ils et elles gravissent les échelons jusqu’aux postes de direction et de leadership. Qu’il s’agisse d’entrer sur le marché du travail ou de lancer une entreprise, FEMINAE NOX propose un accompagnement collectif incluant placement professionnel, financement initial et planification de carrière à long terme. Pour les professionnel·le·s déjà dans le milieu, FEMINAE NOX offre du mentorat pour atteindre des postes exécutifs comme directeur·rice, VP ou cadre supérieur. Ces démarches cherchent à garantir que le pipeline ne se limite pas à l’accès mais favorise une influence durable et un changement systémique.

« Ce n’est pas de la charité. C’est un plan de transformation de carrière, d’autonomisation financière et d’auto-détermination économique. »

Contributrice : Mira Silvers est co-fondatrice de FEMINAE NOX, dirigeante et agente musicale primée, ainsi que PDG de FORT Agency, une agence de talent boutique spécialisée dans les tournées internationales, les programmations de festivals et les partenariats de marque pour des artistes innovants. Voix reconnue et leader d’opinion, elle est intervenue lors d’événements tels que SXSW London, International Live Music Conference, Women in Music, A2IM Indie Week, et bien d’autres. En 2024, elle a reçu le Women in Music Excellence in Live Music Award, a été nommée au Alternative Power 100 de shesaid.so, et a remporté un prix Polaris Music avec un ancien client.

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